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Donner la parole aux artistes, sans restriction de plus ou moins grande notoriété, sans coupure à la publication,  sans réduire les plus en vogue au prisme déformant de la célébrité... et ce, sans oublier de faire sauter le verrou du pavillon des "tricards" parfois condamnés pour ringardise, gauloiserie, ou autres délits d'impopularité, est la volonté de cette jasette.
Merci à ceux qui y ont déjà trouvé un écho et bonne lecture aux autres.
Elise
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Depardieu Delphine

Mardi 27 janvier 2 27 /01 /Jan 13:44

 

 
Il est toujours délicat de monter sur scène et de se savoir attendu au tournant plus que d’autre encore parce qu’on est enfant de la balle. Mais Delphine semble échapper au jugement sévère que certains auraient pu porter sur elle et remporte un vif succès avec Jupe Obligatoire (chroniqué sur le site), premier grand rôle auquel elle a su donner toute sa mesure après sa prestation remarquée dans  Délits de fuite au côté de Roland Giraud ou son interprétation dans Une affaire d'état de Eric Valette à découvrir fin 2009.

 

C’est une jeune femme modeste, spontanée, à l’humour décapant et drôle que je rencontre dans les loges du théâtre. Différente du rôle de France, trentenaire prude et timide, qu’elle interprète au Palais des Glaces, Delphine n’a pas sa langue dans sa poche mais reconnaît néanmoins que seule « sa façon d’appréhender les situations embarrassantes » est le point commun entre le personnage qu’elle campe  sur scène et sa personne. Une présence scénique évidente qui se colore de tonalités qui l’éclairent ou la creusent, qui se campe d’attitudes qui la libèrent ou la cambrent, mais qui reflète à merveille les angoisses et les émois de son personnage et surtout l’étendue de sa sensibilité.

 

De son parcours, Delphine ne renie rien. De ses racines, non plus. Elle les assume avec force et talent. C’est de « la grande famille du cinéma » dont il s’agit, expression dont le sens ne peut se limiter à celui d’une connotation  qui ne serait que figurée. Ce serait en faire une figure de style, une image. « La grande famille du cinéma » est aussi une réalité, à envisager au sens propre du terme. Et justement, en comédienne qui s’exerce chaque soir, elle revête à son tour le « personae » latin qui définissait le masque porté sur scène par les comédiens de l’époque grecque puis romaine, mais juste comme et où  il se doit, sur scène ou à l’écran, le temps d’incarner son personnage. Ensuite, derrière le rideau, dans la vie, le masque tombe. Elle est Delphine Depardieu, fille d’Alain, producteur de cinéma qui a notamment contribué au succès de Tchao Pantin et de La leçon de piano, frère aîné de Gérard dont elle est la nièce, cousine de Julie et de Guillaume et n’a jamais  modifié son nom au profit d’un Durand ou d’un Dupont d’emprunt, plus anonyme que Depardieu, mais synonyme d’une mascarade ou d’une mauvaise blague d’acteur qui jamais ne tomberait le masque.

 

Sans doute, le respect du public commence-t-il par cela : être vraie quitte à plaire ou déplaire, rester libre mais digne. Elle assume cet héritage,  ce nom dont elle est fière, ne l’arbore pas pour autant comme un passe partout et n’attend pas qu’on lui déploie le tapis rouge. Elle sait la chance d’être une enfant de la balle, d’avoir ses pères, près d’elle, qui comme des gardes fous, sont en mesure de  lui dispenser de bien précieux conseils sur le métier d’acteur, le travail et l’humilité. Elle connaît aussi l’envers du décor, celui des critiques, des ressentiments, des préjugés qui planent sur les jeunes comédiens issus de lignées artistiques. Ni à plaindre, ni à blâmer pourrait être la devise de cette jeune femme naturelle, simple et sans fard.

 

Se faire un nom et vivre de ce métier est son ambition. Loin d’être un luxe, ce choix difficile est plutôt vital. Se faire un prénom est un peu comme  la quadrature du cercle. C’est doublement devoir prouver la légitimité et le bien fondé de ses aspirations. Pourtant, du temps de Molière, les souvenirs de la famille Béjart ou Hus puis plus tard celle des « Gourgaud dite dugazon » ou « Brasseur » et bien d’autres encore nous rappellent que les  comédiens étaient souvent issus d’une même lignée familiale sans que les esprits ne s’en offusquent pour autant. Mais les temps changent et l’origine n’entre plus en ligne de compte dans les même proportions. Pour peu que la chance sourie à certains plus qu’à d’autres et nombreux sont celles et ceux qui peuvent prétendre devenir acteurs, chanteurs mais surtout vedettes… vite adulés par les foules auxquels le mass marketing s’adresse. Et ce métier de saltimbanque qui, jadis, étaient loin de faire  des émules inspire, aujourd’hui,  tout son contraire et fait rêver nombre d’aspirants qui se bousculent aux portes des castings pour courir le cachet tant attendu.

 

 Des portes que Delphine connaît bien, des files d’attente où se mesurent déjà la combativité et la motivation d’une des enfants du cours Simon avec, à la clef, des refus qui tombent comme des couperets ou des engagements qui confortent mais en dépit desquels rien n’est jamais acquis ! Delphine Depardieu est issue d’une formation « classique » qu’elle continue d’entretenir au côté de Jean-Laurent Cochet,  option « diction, technique vocale » dispensée dans les cours de Raphaël Minnaert, tragédienne, pour entrer sur la pointe des pieds mais forte d’une technicité qui ne pouvait que lui être utile dans un univers qu’elle côtoie tôt lorsqu’elle accompagne son père sur les plateaux de tournage. Des costumes, des rôles, une magie qui invitent au voyage, qui  séduisent l’enfant et enracinent son adolescence.

 

Si l’ascendance familiale, (plutôt bien avisée de l’indépendance en pointillé que réserve parfois le métier d’acteur soumis aux variations de cycle activité/inactivité !) lui insuffle de, d’abord, passer son baccalauréat, Delphine se diversifie déjà en multipliant ses baptêmes à d’autres formes d’expressions artistiques qui s’avèrent, aujourd’hui, complémentaires à sa formation initiale: danse classique et moderne, équitation, arts martiaux auxquels la maîtrise d’un anglais courant et la pratique du piano ou du saxophone ne font qu’optimiser le potentiel et accroître les domaines de compétences. Des choix judicieux pour un univers tectonique où la concurrence âpre et la recherche de nouvelles « têtes » peuvent même venir jusqu’à ébranler l’assise de talents confirmés !

 

De Delphine Depardieu, bientôt sur scène dans Le Misanthrope de Molière et au cinéma dans Une affaire d’état de Eric Valette, nous reparlerons à coup sur !  Parce que solidement appuyée sur une base technique, elle apprend aussi chaque soir à « désapprendre » le dixième de fraction parfois trop académique du programme et à se recentrer, non derrière les faux semblants et les poncifs du métier, mais derrière une plus grande connaissance d’elle, afin de jouer d’elle-même comme de son propre instrument. Et le tout avec simplicité et fair play !

 

Elise Retou

Crédits photos, droits réservés J Rauzier 

 

 

 

A quel moment as-tu voulu devenir actrice ?

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être comédienne. Les petites filles d’aujourd’hui veulent toutes devenir chanteuses. Celles de la génération précédente  voulaient être vétérinaires ou danseuses étoiles. Moi je voulais être comédienne. Il n’y avait rien d’autre dans ma tête !

 

Comment a réagi ton entourage ?

Mes parents m’ont écouté mais mon père m’a dit de passer mon bac en premier lieu ! Ensuite de faire une école de comédie pour apprendre le métier et ensuite, enfin, de me lancer dans l’aventure. Mais ils ne voulaient pas que je brûle les différentes étapes et que je me lance à l’aveuglette !

 

Ton père t’emmenait-il sur les plateaux et que se passe-t-il dans la tête d’une enfant qui côtoie les plateaux ?

Mon père travaillait beaucoup et j’avais la chance de pouvoir aller sur beaucoup de tournages. J’ai pu voir les dessous d’un plateau, les différents postes. C’était passionnant ! J’aimais beaucoup le poste de script. Je  voyais mon père parler avec les comédiens, agir avec eux et j’ai appris énormément en le regardant.

 

Est-ce qu’on voit ce métier différemment quand on est enfant de la balle ?

Oui. Enfant, on ouvre de grands yeux émerveillés. Je me souviens être allée sur le tournage de La Reine Blanche que mon père avait produit à l’époque et c’était magnifique. Il y avait dans le film un décor avec une vieille boutique de bonbons. On  ne pouvait pas toucher mais on regardait cela avec des yeux éblouis. Mais parallèlement, on saisit vite l’autre côté du rêve et je savais aussi, en commençant ce métier, que tout n’était pas tout rose ! Je sais ce qui peut se passer quand ça ne va pas du tout ! Je connais les mauvais mais aussi les très beaux côtés…quand ça marche .

 

J’ai même l’impression à t’entendre que certaines difficultés te stimulent ?

Oui d’une certaine manière. Les difficultés rencontrées sur un plateau me passionnent car elles impliquent réactivité et créativité, une dynamique ! Et puis l’équipe entière est sollicitée et la synergie est très porteuse. Nous ne sommes rien sans les autres.

 

A t’entendre parler de plateau, n’as-tu pas d’autre désir parallèle à la comédie ?

C’est vrai ! Je sais qu’un jour, par exemple, je produirais. Je serais toujours comédienne car je ne peux pas lâcher. C’est vital ! Mais produire, être chef de projet  et se battre pour ce projet un peu comme le font les Américains me passionnerait ! La production vaut la peine de l’aventure artistique lorsqu’on a l’œil du producteur artiste ! Lorsque mon père lisait un scénario, il  ne choisissait pas un film uniquement par rapport à l’argent et à la rentabilité mais par rapport à l’histoire. Sincèrement ! C’était une passion ! Celle de l’histoire, des comédiens, de l’amour des comédiens !

 

Que représente pour toi le fait d’appartenir à la lignée Depardieu ? Est-ce un handicap ou au contraire un avantage ? T’es-tu sentie vulnérable à un moment donné ?

Je ne le vis pas comme un handicap ni, non plus, comme un avantage, Je suis extrêmement fière de tout ce qu’ils ont fait et j’espère juste arriver à leur niveau si ce n’est plus encore (rires)… Qui sait ? J’ai toujours eu une grande passion pour les comédiens de ma famille que je regarde et que j’apprécie à leur juste valeur. Quand je vois la carrière de Gérard, de ses débuts à maintenant, il est l’exemple de tous les jeunes comédiens !

Ce nom peut m’ouvrir des portes plus facilement mais je me bats aussi comme d’autres comédiens. En revanche, il est vrai que si une personne ne m’apprécie pas, le réflexe consistera toujours à me comparer aux membres de ma famille et à dire que je n’ai pas leur talent !

 

Quels artistes ont compté pour toi ?

Quand j’ai commencé, je voulais être La version féminine de Louis de Funès ! J’aime énormément Jacqueline Maillant, Fernandel, Jean Marais, Gérard Philippe. Et certains américains comme Jack Nicholson. 

 

Ta première « grosse » pièce s’est jouée aux côtés de Roland Giraud. T’a-t-il influencé humainement, artistiquement parlant ?

Enormément ! Pendant  deux ans, à la Michodière d’abord puis sur les routes, en tournée, j’ai appris tous les jours. Il est un puits d’enseignements,  de technique, de ressorts comiques. C’est un homme avec une telle élégance et une telle aisance !  Il m’a énormément influencé. Nos discussions demeurent, ses conseils techniques aussi. Mais je me souviens être souvent restée derrière la petite fenêtre du décor d’où je le regardais jouer… et je continuais d’apprendre ! Humainement, il est le courage et la force ! C’est au-delà ! J’ai perdu ma mère sur Délit de Fuite et il a été présent, d’une présence sobre mais tellement essentielle et réconfortante.

 

Ou as-tu trouvé la force de jouer dans ces circonstances ?

Je ne sais pas. J’ai fait ce que j’avais à faire. Show must go on !

 

Comment choisis-tu tes rôles ?

Pour le moment, je regarde ce qu’on me propose et j’essaie tous les registres même si c’est risqué. Plus j’approche des facettes différentes, plus je me forme. Ca aura, j’espère, l’avantage de m’éviter les cases !

 

Y a –t-il des rôles qui te font rêver?

Je suis dans l’envie de tout faire mais les rôles historiques, en costumes dans lesquels nous sommes enfermés, j’adore !!! C’est contraignant mais tellement porteur.

 

Peux-tu établir une comparaison entre le  jeu d’acteur au théâtre et au cinéma ?

De ma courte expérience, je pense que le travail est le même à l’intérieur mais la technique est  différente.

 

De quoi est faite la rencontre avec le  public ?

L’interaction est totale, j’écoute leur réaction et je recentre. Roland m’a appris cela aussi. Il était tellement en fusion avec le public. Nous sommes observés et  nous les emmenons avec nous !

 

As-tu une opinion sur le jeune cinéma français ?

Peut-être produire des films qui inspirent le rêve et le rire car  la France sait faire de beaux films de comédie. Les Américains sont forts en shows et en comédies romantiques mais nous nous pouvons exceller en comédie. Et les gens en redemandent. Regardez Les Chtis par exemple ou La Chèvre et d’autres.  De part notre histoire, la poésie et les beaux textes devraient être encore plus mis en exergue.

 

 

La critique compte-t-elle beaucoup pour toi ?

Enormément. Ca me touche dans les deux sens.  Les critiques négatives et parfois méchantes me font beaucoup de mal mais je me pause et je réfléchis. Il faut tellement aller au-delà. J’aimerais les lire sans être atteinte dans le cœur. Le soir, lorsque je joue, j’y pense encore et c’est embêtant. On se souvient moins du positif que du négatif mais ça fait partie du métier et je pense que le temps me permettra de les mettre à la bonne place !

 

Tes meilleurs et tes pires souvenirs ?

Le meilleur bizarrement est sans doute celui du jour où j’ai joué à la suite de l’annonce du décès de ma mère. J’ai ressenti le soutien de l’équipe ! Il y a eu  quelque chose de mystique ce jour là. Au moment du salut, j’ai senti que ma mère me regardait. Je me suis sentie aimée. Quant aux pires souvenirs,  je n’en compte pas encore! …



Par Elise Retou - Publié dans : Depardieu Delphine
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Mardi 30 décembre 2 30 /12 /Déc 15:11

Delphine Depardieu lors de la cérémonie des Prix Raimu

Nathalie Vierne est auteur et metteur en scène de la pièce à succès JUPE OBLIGATOIRE avec Delphine Depardieu, un tableau qui a reçu les éloges unanimes de la presse féminine. Jupe Obligatoire s’est jouée pendant un an au Théâtre du Gymnase avant de prendre ses quartiers à la Grande Comédie et vient d’obtenir le Prix Raimu du public, ce 15 décembre 2008, lors d’une cérémonie qui s’est tenue au Théâtre du Palais Royal, sous la présidence de Monsieur Claude Lelouch.

 

 

Jupe obligatoire s’ouvre en prolongation au Palais des Glaces à compter du 13 janvier prochain. Un rendez-vous à ne pas manquer pour une pièce et un tandem de comédiens à voir et à revoir.

 

 

Chronique d’une pièce à succès


 François Deblaye et Delphine Depardieu

Le rideau s’ouvre sur France (Delphine Depardieu), d’origine aristocratique, scénariste « nègre », installée devant son écran d’ordinateur, dans l’enceinte de son appartement, au charme plutôt cosy et connectée, par le biais de sa web cam à Maître Dong (Salvatore Ingoglia), gourou manipulateur et quelque peu voyeur… de son vrai prénom, Roger, qui, comme le confère la sonorité n’a rien ni d’exotique ni de si tantrique que le concerné le prétend ! France, avant de s’apercevoir de cette sinistre supercherie dont son manque de confiance fait d’elle la dupe, se voue sans méfiance aux boniments improvisés de ce guide spirituel pour notre plaisir tant les mises en connexion entre l’oie blanche et le pervers sont occasions de franche rigolade !

   
Salvadore Ingoglia
A cela s’ajoute, la petite salle de la Grande Comédie qui nous concède une évidente proximité avec la scène où tout semble là – meubles de style, canapé sofa de type bergère, services a café, ordinateur, « prousteries » enfermées dans une vitrine pour l’adepte de l’écrivain que France est – comme pour mieux installer France dans son quotidien et rompre ainsi avec tous les clichés faciles mais désuets que peut conférer une pièce sur le thème du libertinage. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Le parti pris de la mise en scène, s’il en est un, a probablement visé le rendu esthétique sur lequel reposent également les partitions musicales qui accompagnent et soutiennent l’évolution dramaturgique, le choix des lumières et celui des costumes. Inutile de venir y chercher  lumières tamisées, résilles ou  attitudes volontairement lubriques. C’est tout son contraire que propose Jupe Obligatoire, loin, très loin de la caricature des mœurs échangistes ou libertines.

 

                                                           Christian Mulot
Mais revenons à France. Intellectuelle et modeste, la jeune scénariste est commanditée par son ex compagnon, Bernard (Christian Mulot), arrogant et suffisant, réalisateur et comédien de renom, repu aux césars et autres distinctions ("pour qui la Légion d’Honneur… n’est qu’une broutille pour ne pas dire une simple formalité !") pour l’écriture d’un scénario qui doit mettre en perspective les tous premiers pas d’un couple vers l’échangisme, univers au sujet duquel France n’a – évidemment - aucune connaissance mais… beaucoup de préjugés ! Comme l’écriture est son seul gagne pain et Bernard son unique client, France relève les manches et le défi. Malheureusement,  la lecture de sa première mouture déclenche les sarcasmes et les reproches de Bernard pour qui la trame retenue tient plus du film pornographique que d’une esquisse finement menée sur le thème enchanteur du libertinage. Bien que chancelante, France lui tient tête, résiste tant bien que mal au lyrisme moqueur et provocateur du macho et défend le parti pris rédactionnel de son scénario en s’appuyant sur sa connaissance devenue empirique des mœurs libertines maintenant que celle-ci se réclame d’une sexualité  aboutie !  Mais rien n’y fait. Bernard ne la croit pas et lui commande manu militari, sur un ton péremptoire dont lui seul à l’audace, une version plus crédible et digne de ce nom… et surtout de son talent autoproclamé ! Pour ce faire, il débarque Sharon (Kym Thiriot) extravertie et flamboyante dans le quotidien conservateur et aseptisé de France. Aspirante comédienne,  débarquée de son Mans natal et prête à tout pour réussir, Sharon repose son talent sur la plastique impeccable dont la nature l’a dotée et s’avère fervente adepte des clubs échangistes. Notre compère pense ainsi qu’elle pourra familiariser France à cet univers de dentelles et la délivrer de ses préjugés qui frisent le malentendu pornographique. Mais je n’en révélerai pas davantage.


                Delphine Depardieu, Kym Thiriot




C’est ici que la pièce m’est apparue comme ne portant pas exclusivement sur l’échangisme mais davantage sur la relation qui se noue entre deux femmes que tout oppose au départ si le spectateur ne se fie qu’aux apparences. Car l’un des thèmes retenu par Jupe Obligatoire est aussi cette mise en garde contre le monde des apparences et des représentations premières qui rassure tout autant qu’il peut égarer. Finalement, l’arrogance machiste de Bernard et sa supériorité affichée cachent un début d’impuissance et un sentiment d’infériorité qui le complexent ; la réserve et le visage prude de France dissimulent une sensualité débridée ; la sulfureuse Sharon vite réduite à n’être qu’une bimbo au point d’être confondue avec cette image n’est finalement qu’une tendre et brave fille de la campagne ; le grand manitou Maître Dong à qui le risque serait grand de donner le Bon Dieu sans confession se révèle, quant à lui,  pervers manipulateur… et la liste est encore longue de ce jeu de société où chacun incarne à merveille ce qu’il semble être et surtout… tout son contraire. Un jeu de pistes finement mené pour nous rappeler que rien n’est jamais acquis ! Et pour nous offrir des rebondissements inattendus et comiques.



 

En définitive mais ceci n’implique que ma plume, l’échangisme sert de prétexte – plutôt bien choisi – pour lever les a priori(s) et les préjugés encore nombreux qui entourent la sexualité féminine! Alors que Bernard peut presque tout dire ou parfois simuler par une gestuelle adéquate sans être pour autant choquant parce qu’il est un homme, au contraire, la sensualité et l’éveil des sens de France et de Sharon peuvent s’avérer plus scandaleux même si Nathalie Vierne les entoure de sentiments. D’ailleurs, on entend les réactions du public quand les deux demoiselles s’embrassent ! Jupe Obligatoire a réussi le pari difficile de parler du plaisir féminin encore tabou sans friser la caricature ni verser dans le cliché ni même se nourrir de poncifs ennuyeux. En cela, chapeau bas !


 


Le tabou du plaisir féminin est encore si palpable dans la société qu’il entraine une culpabilité dont les intéressées se défendent par une justification quasi systématique… et drôle !.. que Nathalie Vierne ne passe pas sous silence non plus. Sharon cède aux plaisirs charnels des clubs échangistes… mais juste pour servir sa carrière… naissante ! France supplie Maître Dong de l’accompagner dans l’enceinte d’un club mais à des fins exclusivement professionnelles quant à la vraisemblance de son scenario à laquelle ce dernier doit aspirer… mais sans voyeurisme aucun !

 

Jupe obligatoire, pièce menée par des comédiens drôles et sympathiques raconte les tribulations d’une jeune scénariste. Alors que la morale place le couple au centre de la sexualité, l’échangisme positionne davantage l’individu au cœur de sa sexualité et de sa liberté. On en ressort avec le sentiment d’avoir passé un bon moment sur le thème « osera, n’osera pas ».

 

 

 

JUPE OBLIGATOIRE




Palais des Glaces
37 rue du Faubourg du Temple
75010 Paris
Métro: République / Goncourt




Réservations: 01 42 02 27 17
www.palaisdesglaces.com



Elise Retou


Reportage photos de la cérémonie des Prix Raimu


Le plateau des Prix Raimu


L'équipe de Jupe Obligatoire


Kym Thiriot, Jean-Michel Wanger (le vrai Bernard!) et François Deblaye


Kym Thiriot et Delphine Depardieu


Elise Retou
Crédit photos Droits réservés François Deblaye
Par Elise - Publié dans : Depardieu Delphine
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                      MOZART           

                      Déjà disque d'or le 15 juin...
       Au Palais des Sports à partir du 22 septembre

                     SLIIMY

       L'album Paint your face et le nouveau
                        single "Trust Me"




  


Serge Lama confirme son  retour avec son 
nouvel album « L'âge d’Horizons » déjà disque
 d'or...
16 et 17 décembre au Palais des
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COUPS DE COEUR LA JASETTE

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